26 novembre 2013

Ivresse

  Je sais tes profondeurs Langues retournées dans ta gorge volcan Danse Danse dans les sous-bois camaïeux de tes sœurs Une à une alignées Évanouies à la pleine lune Flamboyantes à l'aurore Danse Danse avec la rumeur la belle rumeur La rumeur à la robe légère Transparente aux temps anciens comme aux prophéties Danse Et ne reviens plus hanter les tours Avant que ma parole retrouvée ne t'enlace.
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25 novembre 2013

Mots

Mots   Je te dis Tu me dis Longs brefs moqueurs Si seulement la plume avait ton rire Ta nuée Si seulement l'aurore énonçait seule ses verdicts Sans intercessions du ciel de la Terre des eaux Si seulement la nuit La nuit unique Solitaire Si seulement la nuit Priante Carnassière Psalmodiait un à un ses oracles (même les plus véniels) Tandis que nous dégusterions ses olives ses vins ses ruptures ses hanches Je n'aurais plus, Mystère, Qu'à te laisser bailler.
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12 décembre 2009

Le récit du pêcheur aveugle

Il y a, entre deux heures du matin et l'aube, une main qui se soulève à l'horizon, puis se rapproche du rivage, lentement, sinueusement. Ce n'est jamais la même. Sa forme, sa couleur,son âge varient selon les saisons et les événements en cours.Quelques-uns ont, paraît-il, tenté de les attraper dans leurs filets de soie. Mais ceux-ci s'embrasaient à leur contact, et le pêcheur sacrilège en devenait aveugle, n'ayant plus d'autre ressource que de passer ses soirées à raconter son histoire. Ou à l'inventer. C'était il y a longtemps. De... [Lire la suite]
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12 décembre 2009

Une mèche

Il reste, entre les deux toits de verre, une légère mèche, qui court depuis de la petite fenêtre du bureau, au 1er étage, jusqu'à la crête du puits. Il y a si longtemps qu'elle est tendue là que personne n'y prête plus attention. Cette après-midi-là, le regard était d'ailleurs attiré par la jeune fille assise contre le puits, à même le sol, un bloc de dessin sur les genoux, la main suspendue sous le regard qui détaille le vieux chêne, le mesure, avant de plonger, vive, la plume sur la feuille pour y tracer des signes inconnus. Le... [Lire la suite]
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15 juillet 2009

Labyrinthe

  Il faisait nuit encore en plein midi Ton sourire vint agiter le ciel Cinglant vertige arrachant ma peau   Tout un peuple de mots De nuées, d'aventures S'évanouirent sur l'amère blancheur de ta peau Inaccessible à toute inscription   Belle énigme de goudron et d'eau vive Qui toujours s'échappe, toujours me hante   Toi qui jamais ne sera compagne ni reine Magicienne tutélaire de mes vies avortées Étoile lointaine à même le coeur Brûlante et désinvolte   Ariane aux labyrinthes brisés Tu sèmes... [Lire la suite]
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13 juin 2009

Résurrection

Ta peau nue comme un cimetière abandonné Que mes caresses reverdissent Parsemé de tombeaux défaits par l’oubli D’où s’échappent invisibles les soupirs de tes anciens amants   Les allées de ta chair autrefois parcourue de langoureux cortèges Disparaissent sous les broussailles épaisses de mon désir Cherchant en tes ombres impatientes L’assouvissement en toute éternité   Feux follets dérobés au silence Les farouches exhalaisons de ton plaisir ressuscité hantent mes gestes d’une joie sépulcrale Tes seins se... [Lire la suite]
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15 avril 2009

Le puits

La main qui se tend Vide Le gouffre avait les yeux délicatement fardés La jambe fine et rapide pour me fuir * Point lumineux sur le front ridé du large, tu déchirais la peau brumeuse de l'horizon, tu m'inventais des pas, tu caressais l'orage, tu lui murmurais la pluie, mes bras découverts sur la frontière écarlate de ton nom Tu glissais, madrépore noué sur la corde tremblante de mon souffle, et je m'enivrais de tes reculs J'étais Zeus et la Foudre vaincu par ton peuple de Titans * ... [Lire la suite]
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15 avril 2009

Après

Passante Qu'en détour de crocs Lamelle pure d'acre contrainte Tu déchires Souriante Ou de corps pallié Cheval voleur d'exacte carapace Tu reflues Ailée De pas moqueur d'abîmes Ô lente déchirure de naissance à trépas Tu rentres Paresseuse De ces mots accordés Que n'eurent trop de fois blessés Les tendres agonies de nos rencontres. Pierre Charp, Décembre 2008
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15 avril 2009

Sentence

Il aurait fallu accabler les anges, et leur déchirer la peau d'un ongle distrait. Alors oui, peut-être, n'aurais-tu pas ouvert ce petit flacon de sels inconnus, où dormaient d'autres marées, et quelques naufrages. Tu n'aurais pas ouvert les bras aux lames insolentes et nues qui dans les rues hagardes dégrafaient les passantes. Tu n'aurais pas noué le fil de tes jambes à la corde savante où s'étendent chaque jour mille et une variantes d'abysses. Tu n'aurais pas glissé sous le manteau d'argile de ses mains, tu n'aurais pas failli,... [Lire la suite]
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14 avril 2009

Refuge

  Nous avions rendez-vous tout au bout de la jetée, les yeux fermés Je vacillai à mi-course, les jambes tremblantes par la chaleur du soir, la durée de la course Tu étais dressée, nue, à l'extrémité, en contrejour de l'incarnat crépusculaire Auquel tu offrais noire d'encre l'insolente générosité de ton corps Seins de hautes vagues bordées par l'écume de ta main, Ta croupe ruisselante d'appels imposant le silence aux esprits noctambules Tes yeux follets glissant à même la brume Tu appelais les orages, tu ouvrais tes... [Lire la suite]
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